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Moore et Carrier confrontés à une autre réalité

St-Georges - Ce lundi 10 novembre, Patrice Moore, responsable des nouvelles à Radio Beauce et Carmelle Carrier, représentante du programme Santé-l’Action à la MRC de Beauce-Sartigan et mairesse de Saint-Benoît, ont tenté de se mettre dans la peau d’une famille à revenu modeste et de faire une épicerie pour une famille de quatre personnes avec un budget de seulement 100 $, une initiative du Groupe de réflexion et d’action contre la pauvreté (GRAP) Beauce-Sartigan.

En effet, les factures M. Moore et Mme Carrier ont dépassé le 100 $ à l’arrivée à la caisse. Mme Carrier a dû retirer trois items pour réussir l’activité. Quant à Patrice Moore, il a dépassé son budget d’environ 10 $ dû en partie à sa contrainte lui obligeant de se payer un taxi à même ce budget. Les deux participants ont réalisé qu’il ne s’agit pas d’un simple exercice de devoir faire des choix pour nourrir sa famille. D’ailleurs, Sophie Caron, une citoyenne de St-Georges devant faire face à cette réalité chaque semaine a réalisé l’activité en même temps que Patrice Moore avec succès. «  J’ai réussi à faire l’épicerie pour une semaine pour mes trois enfants et moi, mais c’est limité. Mes enfants ont quelque chose à manger pour la semaine, mais probablement pas mois. Je devrai sauter des repas », explique Mme Caron.

 

Sophie Caron et Patrice Moore

Cette déclaration a suscité une vive réaction de la part de M. Moore. « Ça n’a absolument aucun sens de devoir vivre ça chaque semaine. La situation de Sophie me touche beaucoup et je crois que les gens doivent prendre conscience que cette réalité est malheureusement trop présente en Beauce », dit-il. « Le pire dans tout ça, affirme Mme Caron, c’est qu’il y a beaucoup de préjugés envers nous. Si je décide une fois de temps en temps de me payer un petit plaisir, on dit tout de suite qu’on fait les mauvais choix ». Comme si le plaisir et le bonheur étaient réservés aux mieux nantis.

Les participants ont dû bien se préparer, notamment en faisant un menu pour la semaine à partir des rabais, spécialement pour Carmen Carrier qui devait faire l’épicerie à l’extérieur de St-Georges. « Un budget de 100 $ par semaine pour nourrir deux adultes et deux enfants, c’est n’est pas beaucoup », souligne Mme Carrier. Même si elle a réussi l’exercice (en retirant quelques items), elle croit qu’il faut déconstruire les préjugés envers les personnes en situation de pauvreté en réalisant ce genre d’activité de sensibilisation. M. Moore et Mme Carrier ont réalisé qu’il n’est pas toujours facile de réussir à bien se nourrir lorsqu’on a des contraintes budgétaires et ils espèrent que leur brève expérience réussira à sensibiliser la population à la réalité des personnes vivant avec un revenu modeste. 

 

Carmelle Carrier

L’activité qui avait lieu dans le cadre de la campagne « Coupable de préjuger? » a été filmée pour la réalisation d’une websérie qui sera diffusée sur le site de la campagne : 100prejuges.com et sur d’autres plateformes qui seront dévoilées plus tard au cours de l’année.

 

Louis Fortin lors du tournage dans les rue de St-Georges

 

La campagne

 

La grande majorité d’entre nous est « coupable de préjuger »! Tout le monde a sa propre conception de la pauvreté et des personnes qui la vivent. Malheureusement, nous avons tendance à individualiser les causes de la pauvreté en faisant abstraction des causes systémiques de ce phénomène social.

« Coupable de préjuger? » est une campagne de lutte aux préjugés envers les personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale en Chaudière-Appalaches. Elle se déploie dans les milieux éducatifs et de travail sur chacun des 10 territoires de la région par le biais d’activités de sensibilisation. 

CROYEZ-VOUS ÊTRE COUPABLE DE PRÉJUGER?

 

 

 

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